Khokhloma

Ce style est vite reconnaissable par la gamme des couleurs osées : or, rouge, noir.
Revenons un peu en arrière vers la seconde moitié du XVII-e siècle. C’est à cette époque que le style de Khokhloma commence à se distinguer des autres.

Khokhloma est ou était plutôt le nom d’un village (maintenant les alentours du village Kovernino) dans la région de Nijniy Novgorod au bord du fleuve Volga. Il était placé sur un lieu de passage de la grande voie commerciale fluviale. C’est de là que la vaisselle flamboyante et les objets décorés partaient partout en Russie et ailleurs.

Traditionnellement les usagers de ces objets étaient des paysans aisés. Les montagnes impressionnantes des objets brillants « d’or et de feu » étaient exposées le long du quai pour inviter les bateaux des marchands à s’arrêter.

Mais, évidemment, ce n’est pas de la peinture d’or qu’utilisaient les artisans.
Ils ont testé la poudre d’argent qui était assez coûteuse et ensuite ils ont découvert l’étain. Ils utilisaient le mélange d’étain comme base. Par-dessus, de la peinture de couleur. Ils patinaient le tout avec de l’huile de lin et cuisaient l’objet dans un four à haute température.
L’étain prenait une teinte dorée.

De nos jours, les artisans utilisent des vernis synthétiques adaptés et le fond du dessin est fait à base d’aluminium qui devient doré après le passage au four.

Si vous tombez sur un objet de Khokhloma portant en plus des couleurs blanches ou vertes, ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas une contrefaçon :). Au début de la création de ce style parmi les couleurs utilisées il y avait même du bleu. Et rien n’empêche le maître-artisan de Khokhloma d’utiliser le fond vert-olive pour son chef-d’œuvre.

Au fil du temps deux règles pour cette peinture se sont établies. Il s’agit du motif noir et rouge sur fond doré et le motif doré contourné par le noir ou rouge. Les nuances des couleurs restent toujours dans les tons « chauds ».

Si vous regardez attentivement le motif, il vous paraîtra très géométrique malgré ses formes fantaisistes et arrondies. Le motif central s’appelle le «pain d’épices ».

Il est souvent entouré par des motifs répétitifs branches plus ou moins chargées. Les fleurs divines, les feuilles d’un raisin-érable, les baies sauvages du nord de la Russie comme airelle des marais, la canneberge.

Ainsi que la flore plus reconnaissable pour nous : groseille à maquereaux, groseille rouge, sorbier, fraise des bois, framboise qui se termine par les traits fins appelés « herbes penchés ». L’ensemble des motifs se plie en « boucles » qui donnent une allure de labyrinthe.